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En espérant un fils…
ATTANÉ (Isabelle)

Pandi (littéralement : "en espérant un fils"), Laidi ("un garçon va suivre"), ou Yehao ("ça va aussi"), c'est ainsi que sont nommées dans les campagnes chinoises, les fillettes qui ont eu la malchance de naître en lieu et place du fils tant attendu... Car en Chine, en dépit de la modernisation économique des dernières décennies, une fille reste investie d'une bien moindre valeur qu'un fils. Dans les représentations sociales, un garçon présente divers atouts inhérents à son sexe, dont les filles sont globalement dépourvues.

Victimes de leur statut dévalorisé, les filles naissent moins nombreuses qu'elles ne le devraient et meurent dans des proportions anormalement élevées. ainsi, contrairement aux évolutions démographiques observées dans le reste du monde s'ensuit une masculinisation de la population chinoise, sa part masculine augmentant plus vite que sa part féminine.

D'un point de vue strictement démographique, la situation des Chinoises est donc, relativement à celle des hommes, l'une des plus mauvaises qui soient. Là est l'immense paradoxe de cette société en marche vers la modernisation. Alors que les Chinoises se sont largement émancipées depuis les années 1950, de graves atteintes sont maintenant portées à leur existence. La législation chinoise, pourtant explicite sur la question de la protection des droits et des intérêts des femmes, ne permet pas de garantir leur droit le plus élémentaire : celui de vivre.

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Entre soi
BALME (Stéphanie)
Les voyageurs comme les familiers de la Chine découvrent tous, à un moment ou à un autre l'importance de l'art des relations, ces codes de conduite spécifiques appelés guanxi. Les réformes de Deng Xiaping - résumées par son slogan "Enrichissez-vous !"- ont conduit les Chinois en quête de prospérité et désireux de s'affranchir du pouvoir à s'enrichir de et par les guanxi. Aussi présentes soient-elles dans la vie quotidienne, ces habitudes ne laissent pas d'interpeller puisque, sous une forme dévoyée, elles provoquent un glissement des codes éthiques anciens vers des pratiques de corruption généralisées. Inscrites dans la tradition, comment se développent-elles dans un contexte de modernisation aussi intense ? A quelles formes de pouvoir donnent-elles lieu parmi des élites nourries de rhétorique égalitaire ? Présentant une large synthèse des meilleurs travaux existant sur les guanxi dans la sphère sociale ainsi qu'une enquête sans précédent sur leur influence dans le fonctionnement du régime depuis vingt-cinq ans, ce livre propose des perspectives inattendues. Il ne s'agit ni d'un retour à une tradition confucéenne immanente ni d'une situation inédite, car les guanxi ont joué un rôle considérable dès la période maoïste. Loin d'opposer vertu privée et corruption publique, ils offrent un miroir où société et politique réfléchissent leur image en vis-à-vis. A maints égards, ils ont permis la modernisation du régime en conciliant la continuité du parti et la professionnalisation des élites. Leurs effets sont donc ambigus, car ils perpétuent le régime en renouvelant ses dirigeants. Dans un espace politique qui entend faire de la méritocratie et de la technocratie la source d'une nouvelle légitimité socialiste, les guanxi alimentent aussi des formes de contestation recourant à la légalité et au droit. Ces nouveaux usages peuvent, à terme, engendrer des évolutions politiques importantes.
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