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A l'angle de la Grande Maison.
GUILBERT (Nivoelisoa) (prés.)
Au même titre que les écritures arabico-malgaches (Sorabe), la Grande Maison (Tranobe) est emblématique de la religion pratiquée dans l'Anosy au Sud-Est de Madagascar. Entre Islam revisité et pratiques ancestrales, le microcosme lazariste en mission depuis 1648 au Fort-Dauphin achoppe au caractère et apparence essentiellement anthropocentriste de cette religion. Le cadre de cette évangélisation difficile est la première tentative d'établissement français à Madagascar sous l'égide de la Compagnie des Indes Orientales (1642-1674), principalement durant le mandat du gouverneur Étienne de Flacourt, auteur de l'"Histoire de la Grande Isle Madagascar" (1658 et 1661). La correspondance adressée au futur saint Vincent de Paul (1581-1660) demeure un texte encodé dans l'esprit de l'éveil missionnaire antérieur à la révolution idéologique des Lumières. En tant que témoignage des acteurs, le présent recueil introduit directement dans l'ailleurs spatio-temporel au XVIIe siècle de la Congrégation de la Mission [lazariste], ordre destiné à l'origine à la seule assistance des pauvres de France. De fait écrites à l'Âge classique, les lettres posent déjà les jalons de la problématique moderne du contact des cultures, d'où jaillit la mise en lumière comme la mise à l'ombre de l'identité des évangélisateurs et de l'altérité des autochtones. La réflexion sur l'échec de la mission chrétienne dans ses premières tentatives dans l'océan Indien s'organise ainsi autour de trois axes : générique, qui met au jour le texte encodé par les spécificités de la lettre missionnaire au XVIIe siècle; poétique, qui met la rhétorique au service d'un discours d'enveloppement avant les Lumières; enfin anthropologiques, qui actualise ce que les ethnologues actuels nomment le principe de coupure. Le corpus annoté de la correspondance est d'une part, assorti d'une présentation générale, qui contextualise les copies multipliées par les archivistes de la Congrégation de la Mission, et d'autre part, d'annexes diverses - index, glossaire, chronologie, notices biographiques et autres documents lazaristes.
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Des morts, des vivants et des choses
GIGUÈRE (Hélène)

Cette ethnographie est issue d'un travail de terrain dans le territoire des Antankarana. Elle traite de pratiques locales de résistance liées au développement de la pêche crevettière dans la baie d'Ambaro, au nord-ouest de Madagascar. Sorcellerie, tabous et culte de possession maintiennent les formes du pouvoir ancestral sur un territoire dit sacré par les autochtones notamment en raison d'évènements historiques. L'ethnographie s'appuie sur une diversité d'approches (anthropologie des émotions, religieuse, politique et économique) afin de dépeindre dans une visée holistique la culture étudiée. Dans la communauté récente d'Ambavan'ankarana, les Antankarana et les immigrants, issus de régions et de traditions diverses, sont en quête des bénéfices engendrés par la valorisation de la pêche et l'abondance de la ressource marine. Mais tous les résidents ne partagent pas la valeur sacrée du site. Cette étude révèle une gestion locale et régionale du rapport d'altérité, de la transmission du savoir ainsi que du lien dialectique entre le local et le global. Garantes de la bonne entente entre les ancêtres et les vivants, les femmes sont des actrices de premier plan dans les transformations identitaires de leur communauté. Cette ethnographie se démarque par l'intégration des relations intersubjectives entre l'observateur et l'observé, dévoilant les aléas du travail de terrain.

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Du Ohabolana au Hainteny
DOMENICHINI-RAMIARAMANANA (B.)

"Verge impuissante et charme inefficace, entendez, ô vous dont les défauts se valent", affirmait un ohabolana, tandis que cet autre constatait : "Le mariage n'est pas un vrai nœud, mais un nœud coulant que l'on peut défaire". Condamnés par le puritanisme missionnaire du XIXe siècle, de tels textes, quand ils furent compris, furent censurés : falsifiés comme le premier où la verge, par un artifice graphique, devint une fausse pierre sacrée; ou supprimés comme le second qui était trop évident.

Partie pour retrouver les textes de la littérature orale de Madagascar, tels que les missionnaires ne nous les avaient pas transmis, cette enquête débouche d'abord sur cette autre censure - malgache celle-là - qu'exercèrent les gouvernements des siècles passés qui, sans répit, voulurent réglementer et limiter l'expression. Elle débouche également sur une quête initiatique qui, seule, dévoile les siècles obscurs les plus anciens et pénètre enfin l'intimité de l'"âme malgache".

Bien détendues sur le canapé de l'analyste, les cultures retrouvent la mémoire et confient leur histoire. Dans la tradition malgache que ne surent figer ni le passé ni le présent, on assiste à l'éternel combat entre le conformisme d'État, qui veut donner un sens à son histoire dans le sens de l'histoire, et la liberté d'expression et de critique du grand nombre qui, mettant un masque aux mots, crée des textes à sens pluriel. Eternel combat de la sottise et de l'intellignece, mais aussi du pouvoir et de l'amour, de l'érotique du pouvoir et des puissances de l'amour.

Cet ouvrage vibrant et passionné - d'une passion qui combat l'idéologie, la censure et le mensonge - a été préparé dans le cadre du Centre pour l'étude des relations entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique du Pr. Etiemble et du Centre de documentation et de recherches sur l'Asie du Sud-Est et le monde insulindien du Pr. Condominas.

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Esclaves de la canne à sucre : engagés et planteurs à Nossi-Bé, Madagascar 1850-1880
MONNIER (Jehanne-Emmanuelle)

1848 : la fin de l'esclavage ?

Le décret d'abolition a-t-il véritablement fait disparaître cette pratique dans les colonies françaises ? Si la portée hautement symbolique de ce texte est acquise, son efficacité réelle et immédiate laisse dubitatif. Le sort réservé aux engagés africains dans la seconde moitié du XIXe siècle reste souvent trop proche de celui des esclaves et les mentalités évoluent trop lentement pour que l'on puisse considérer 1848 comme une rupture définitive ou irréversible.

Aux confins du domaine colonial français, dans l'Océan Indien, la petite île de Nossi-Bé fait partie de ces territoires marginalisés par l'administration mais situés au cœur d'une zone traditionnelle de traite des Noirs. Colonisée par des tenants du profit sans scrupule, Nossi-Bé se révèle un lieu propice à la poursuite de la traite et de l'esclavage et développe ainsi une société de plantation originale et paradoxale, d'un conservatisme criminel et pourtant avide de certains progrès.

Ile sucrière comme tant d'autres, Nossi-Bé se distingue néanmoins par son organisation sociale d'un autre âge. la vie quotidienne, les espoirs et la conception du monde de ses habitants, qu'ils soient planteurs ou engagés, y prennent un caractère singulier.

Ce livre propose une approche d'une réalité trop souvent oubliée, en considérant aussi bien les engagés africains que les planteurs sucriers.

Un jalon supplémentaire et remarquablement documenté dans notre connaissance de l'esclavage et de la colonisation française.

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