Trier les éléments





Célébrer le pouvoir
KRAUSKOPFF (Gisèle) et LECOMTE-TILOUINE (Marie), (dir.)

Par son aspect sanglant, son déploiement exubérant de rituels et son usage politique, Dasaî, la fête nationale du Népal, est une mise en scène particulièrement frappante du pouvoir.

Quand débute Dasaî, le monde est vide, le temps est arrêté. À l'issue des dix jours de cérémonies, toute la société renaît autour du roi, de son chapelain et de la Déesse. Des danses, des chants, des festins et des beuveries célèbrent alors ce renouveau.

Ce recueil de textes offre une approche contextuelle et comparée des variantes de ce culte officiel qui est seule à même d'en dévoiler le sens général. Chaque chapitre forme un tout et enrichit la connaissance histrique et sociale du Népal. Entre sources indiennes et histoire himalayenne, la portée politique du rituel a engendré le développement de formes locales spécifiques. Dasaî a participé au processus d'unification des royaumes himalayens qui constituèrent l'État-nation népalais.

la fête célèbre la Déesse et son triomphe sur les forces démoniaques. Ce drame cosmique sert de trame, aux représentations de la souveraineté. La reconsécration du roi qui clôt chaque année la cérémonie révèle une conception contractuelle de l'autorité royale. Les conflits latents de la société hindoue, entre classe royale et sacerdotale, entre le roi des rois et ses vassaux, s'y expriment également.

 Parler d'histoire politique au travers d'un rituel, c'est aussi, dans le cas du Népal, éclairer les relations qu'entretiennent les minorités - religieuses ou tribales- avec le pouvoir central, s'appropriant ses symboles, s'y soumettant ou s'y opposant.

38,00
1 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock
Histoire politique du Népal
KERGOAT (Michelle)
Les émeutes qui ont agité le Népal au printemps 2006 ont attiré notre attention sur ce petit royaume himalayen, jusqu'alors plus connu à travers des expériences voyageuses que ce soient celles des hippies dans les années 1970 ou celles du trekking dix ans plus tard. Auparavant, quelques bribes d'information nous étaient cependant parvenues de façon épisodiques, pour nous signaler des évènements majeurs comme la promulgation de la nouvelle Constitution démocratique en 1990, l'émergence du mouvement maoïste à partir de 1996, l'assassinat de la famille royale en 2001. Derrière la façade idyllique que le voyageur rapporte souvent de ses visites, liée à la gentillesse des habitants et à la splendeur des paysages, est apparu un pays agité par de violents soubresauts. C'est que, sous la surface lisse, se cachent des craquelures profondes, liées d'une part à l'extrême diversité de ce pays, de ses populations, de leur culture, de leur organisation sociale, de leur niveau de vie et, d'autre part, à sa construction politique. L'État népalais s'est construit dans la violence et sur sa diversité, mais les dirigeants successifs ont souvent ignoré que le nouveau Népal allait au-delà de la riche vallée de Kathmandou, qui constituait jadis l'ancien Népal. La construction politique du nouvel État présente ainsi un aspect inachevé, qui explique qu'ait pu y naître et s'y développer une insurrection maoïste à partir de 1996. Malgré la cessation des hostilités observée depuis mai 2006, l'avenir du pays reste incertain et se complique encore de l'intérêt que lui portent les grandes puissances du fait de sa situation stratégique en Asie du Sud-Est.
25,00
1 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock
L'eau, miroir d'une société
AUBRIOT (Olivia)

Qu'une population rizicole maîtrise l'irrigation ne surprendra personne. En revanche, qu'elle partage minutieusement cette ressource, pourtant abondante, est beaucoup plus étonnant. Comment expliquer ce paradoxe et comprendre le système sophistiqué de gestion de l'eau à Aslewacaur, village du Népal central ? Grâce à une approche historique, l'auteur replace les choix techniques d'irrigation dans leur contexte socio-économique, politique et environnemental. Mais surtout, elle repère dans l'organisation du système d'irrigation la prédominance d'une logique de parenté qui, de surcroît, s'appuie sur l'inscription territoriale des caractéristiques sociales : l'accès à l'eau et sa gestion tout entière se calquent ainsi sur la division lignagère et le partage du patrimoine foncier du clan Brahmane qui domine le village. On découvre alors qu'à travers les tours d'eau que mesure l'horloge hydraulique, c'est la triade fondamentale eau-terre-société qui s'organise dans une relation en miroir entre société et espace hydraulique.

En privilégiant l'étude de la pensée paysanne et de la dimension sociale des techniques, l'ouvrage fournit un modèle général d'approche des rapports entre société et agriculture. Il s'adresse de ce fait aux agronomes, ethnologues, géographes, sociologues ou étudiants concernés par les relations entre techniques de production et structures sociales en milieu rural.

32,00
1 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock
Le chemin des humbles
BORDES (Rémi)

"Je suis entré une première fois au Népal un peu par hasard, ne sachant tout à fait ce que j'allais y chercher. Sur cette bande de terre serrée entre les deux géants de l'Asie, d'innombrables microcosmes s'étagent entre les forêts humides du Sud et les hautes montagnes qui hérissent le Nord de leur chaîne grandiose. La population qui l'habite est à l'avenant : parmi elle, les langues foisonnent, et les modes de vie peuvent diverger du tout au tout. On rencontre aussi bien le résidu de peuples nomades vivant presque comme à la préhistoire qu'une bourgeoisie cosmopolite toujours entre deux avions, tandis que la majorité, elle, vit les pieds dans la glèbe.

J'ai vécu à de nombreuses périodes dans des villages de l'ouest du pays, à l'écoute de leurs traditions et de leurs rites. J'ai recueilli notamment des épopées, chants d'un passé lointain déclamés encore aujourd'hui par une caste de musiciens-narrateurs.

'Ethnologue', 'anthropologue', sans doute, mais il faut aussi savoir n'être qu'un passant, qu'un patient, qu'un marcheur, qu'un amant...

La matière première du chercheur de terrain, ce ne sont pas des archives ou des tests de laboratoire, mais bien des personnes et des lieux.

Le présent livre est né d'une nécessité, d'une impossibilité de plus en plus grande à servir ces rhétoriques convenues qui s'adressent à un infime lectorat de spécialistes.

Le monde dont il est fait témoignage ici est à la fois le lieu d'une certaine permanence, et aussi celui où se font sentir les premiers frémissements de la crue. Ces récits sont à la charnière entre ces deux moments, derniers instants d'une société qui craquelle."

Rémi Bordes

21,90
0 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock
Le palais et le temple
TOFFIN (Gérard)
Dans toutes les monarchies traditionnelles, la royauté repose sur des correspondances entre la personne du souverain, le royaume et les forces du cosmos. Ainsi, chez les Néwar du Népal, le roi était placé au centre de la vie cérémonielle collective et mis en étroite relation avec les grandes divinités du pays. Ces idées religieuses, encore très présentes de nos jours, surtout dans les rituels, portent néanmoins en elles de multiples conflits. Conflit entre l'image du roi et celle de ses dieux tutélaires, divinités toutes-puissantes qui n'hésitent pas à se débarrasser du souverain en cas de mésentente. Conflit entre la conception transcendantale du prêtre brahmane, représentant des valeurs ultimes sur terre, et le tantrisme qui permet au roi de dialoguer directement avec les puissances divines. Conflit enfin entre l'ordre social ancien centré sur les cités royales autonomes et le paysage politique moderne dans lequel les Néwar n'ont qu'une place subsidiaire. En conjuguant histoire du contemporain et ethnologie du passé, Gérard Toffin définit une nouvelle méthode qui dépasse de loin le cadre népalais. Cette démarche permet, notamment, de mener de front l'analyse des logiques symboliques et des usages politiques du religieux. En outre, "Le Palais et le Temple" remet en question certaines idées reçues sur le rôle du système des castes.
35,85
1 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock
Les marches tibétaines du Népal.
STEINMANN (Brigitte)

Dans les marches orientales du Népal et du Tibet, en 1933, un village frontalier himalayen devient le lieu de théâtre d'une rencontre politique entre les officiels népalais, gens de caste hindoue et des chefs tibétains, bouddhistes, délégués par leurs Etats respectifs pour traiter à propos des conflits nombreux qui ensanglantent régulièrement les frontières entre les deux pays.

L'un des officiels népalais, un avocat, écrivit un traité de cette rencontre, dont la traduction est donnée dans ce livre. Il s'agit d'un véritable récit ethnographique népalais qui va bien au-delà de la relation des négotiations. En filigrane s'y dessinent les facteurs du processus intime de décomposition de l'ordre ethnique local, par l'irruption des structures étatiques. Brahmanes et Tibétains bhotiyâ s'affrontent d'abord sur les questions de pureté rituelle et d'étiquette, révélant combien la religion est ancrée dans les usages locaux : quant au chef du village, le gowa, il devient pour une part un agent d'Etat à la solde des gouvernants rânâ du Népal, tout en conservant une grande liberté de manœuvre en tant que marchand et collecteur de taxes aux frontières.

Cet ouvrage décrit comment les structures anciennes de chefferie, qui auraient pu disparaître complètement ou perdre leur sens ont réussi ici non seulement à se maintenir mais à prospérer, en intégrant une partie du dynamisme propre au mouvement de la marchandise. Les Bhotiyâ des frontières, instables et marginaux, se sont émancipés ethniquement et économiquement en profitant à la fois des innovations politiques, de la circulation accrue de l'argent et de la position de droit héritée des anciennes chefferies.

 

22,15
1 Disponibilité :
Contacter la librairie
Disponibilité :
En stock